Michael Moore et son documentaire «The Planet of humans», la gauche tombe de sa chaise

Pour la gauche, le dernier documentaire de Michael Moore, The Planet of humans, est ni plus ni moins qu’un brûlot, une attaque en règle contre l’écologisme, une gifle aux valeurs environnementalistes. Plusieurs ne comprennent pas comment Michael Moore a pu tomber aussi bas et proférer autant d’énormités en 1 h 40 minutes. Comment ce vaste plaidoyer contre les énergies renouvelables, sélectionnant des exemples à charge partout aux États-Unis, a-t-il pu voir le jour ?

Certains collègues m’ont interpellé en me posant la question suivante : « Pourquoi Moore et Gibbs ont-ils fait une telle diatribe ? ». Et de poursuivre : « C’est beaucoup de travail pour dire des faussetés. J’ai osé penser que MM était plus consciencieux dans ses recherches et qu’il ne faisait pas ses films seulement pour critiquer ceux et celles qui agissent, mais que sa réflexion portait également sur les impacts (en bien ou non) de ces actions sur l’environnement y compris les humains. »

Et il est là le noeud de l’affaire : « J’ai osé penser que MM était plus consciencieux dans ses recherches […] ».  Sur ce point, Michael Moore n’a jamais lui-même prétendu à la rigueur factuel et il ne l’a jamais fait. Comme il le dit si bien lui-même, « Ne faites pas un documentaire, faites un film divertissant ! ».

Comme je le disais à mes étudiants dans mon cours de sociologie visuelle, la gauche américaine a beaucoup aimé « Farenheit 9/11 », « Bowling for Columbine » et « Siko » parce que Moore s’en prenait à la droite républicaine.

Toutefois, c’est la gauche elle-même qui s’en est prise à Michael Moore dans un documentaire intitulé « Manufacturing Dissent » contre ces mêmes documentaires en soulignant que Moore utilisaient des procédés réthoriques et filmiques douteux pour faire avancer son point de vue.

Comme le remarquait fort à propos Christopher Hitchens, « Farenheit 9/11 » est tellement un documentaire bidon que vérifier les faits n’a strictement aucune importance. Et il fait la même chose avec « The planet of humans ».

Donc, du moment que l’on comprend comment fonctionne Michael Moore, c’est la raison pour laquelle il faut se dire : « Pourquoi Michael Moore n’aurait-il pas tourné ce documentaire ? » alors que Moore a toujours procédé comme ça.

Autrement dit, plusieurs personnes de la gauche avaient placé Michael Moore dans les catégories des « gentils » de la gauche et des pourfendeurs de la droite, alors qu’il est tout sauf ça.

Dans le monde de la sociologie visuelle et du documentaire, ça fait des lustres qu’on enseigne comment s’y prend Michael Moore !!!

© Pierre Fraser (Ph.D.), sociologue, 2020 / texte

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