La faim a-t-elle un visage ?

Une production de Photo|Société et une réalisation : Pierre Fraser

Intervenants

  • Pierre Gravel (directeur La Bouchée Généreuse)
  • Pierre Fraser (sociologue, directeur scientifique de la revue Sociologie Visuelle)

Au Québec, en date de novembre 2022, 1 citoyen sur 4 éprouvait non seulement de la difficulté à s’alimenter sainement, mais éprouvait surtout de la difficulté à acheter des aliments afin de combler un besoin aussi élémentaire que celui de se nourrir. La vidéo de gauche est particulièrement explicite à ce sujet où le directeur général de la Bouchée Généreuse (Québec) démontre qu’en l’espace de quelques années seulement le nombre des bénéficiaires a plus que doublé.

En fait, la faim est un problème majeur au Canada, où l’on estime que 4 millions de personnes, dont 1,15 million d’enfants, ont du mal à mettre de la nourriture sur la table. Près de la moitié des personnes vivant dans la pauvreté sont des enfants, et l’insécurité alimentaire touche des personnes dans toutes les provinces. En 2017, 8,3 % des ménages ont connu un certain niveau d’insécurité alimentaire, ce qui signifie qu’ils avaient des difficultés à accéder de façon constante à des aliments sûrs, nutritifs et abordables.

Concrètement, la pauvreté et l’exclusion sont deux des problèmes les plus urgents de notre époque, n’en déplaise aux environnementalistes, et l’impact de la photographie et de la vidéo pour mettre en lumière le sort de ceux qui vivent dans ces conditions ne peut être sous-estimé. Tout ce qui montre la pauvreté et l’exclusion peut être un outil puissant pour sensibiliser, attirer l’attention sur le problème et inciter les gens à agir.

Grâce à la photographie et à la vidéo, le citoyen comprend mieux ce qu’est la vie de personnes en situation de pauvreté et d’exclusion sociale. Étant donne que montrer contribue également à humaniser les personnes vivant dans la pauvreté et l’exclusion, en permettant de se connecter à ces dernières et leurs histoires à un niveau personnel, cela devient forcément un outil pour susciter le soutien, créer le changement et, en fin de compte, réduire la pauvreté et l’exclusion. Toutefois, sur ce dernier point, le travail qui reste à faire relève presque du mythe de Sisyphe.

© Pierre Fraser (PhD), sociologue, 2022

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