Auteur : Pierre Fraser

Qui doit s’occuper du patrimoine religieux

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►  Capsules de la web-série

Dans cette quatrième capsule de la Web-Série « Le défi du patrimoine religieux », le curé Pierre Gingras, curé de la paroisse St-Jean-Baptiste de Québec, l’historien de l’architecture, Luc Noppen, et le responsable de la Direction des Fabriques du Diocèse de Québec, Rémy Gagnon, abordent différents aspects sur la question de la responsabilité envers le patrimoine religieux.

 

Technologies numériques, la mise en réseau de l’individu

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Avec cet essai, le sociologue Pierre Fraser propose une lecture de l’individu confronté à la modernité technologique. Il nous signale que la mentalité techno de la Silicon Valley a été structurée de façon à satisfaire le délire technologique, depuis les infrastructures, en passant par la culture, jusqu’à l’incontournable capital de risque. Nous sommes des incarnations de la technologie.

La logique de cet essai se cale délibérément dans celle de la volonté de puissance de Nietzsche. Elle veut mettre en évidence cette volonté de puissance qui habite le nerd. Le nerd est celui qui dispose non seulement d’un profond savoir technologique, mais dispose également de moyens financiers colossaux pour transformer le monde, le rendre meilleur. Doté de ces deux instruments de puissance à la fois dantesques et faustiens, il y a dans le nerd quelque chose qui veut dominer, se sentir le maître, veut la puissance. Il s’agit de maîtrise sur la vie, sur les gens, sur l’économie, sur la politique, sur la morale. Le nerd est une personnification de ce quelque chose qui veut. Et ce quelque chose qui veut n’a plus aucune raison d’attendre. Le développement technologique impose un rythme calé sur la logique de l’Ordre marchand.

Cet essai veut aussi mettre en évidence cette volonté de puissance qui nous habite tous. Avec le concours des nerds, avec le concours des technologies qu’ils développent, c’est enfin la possibilité rêvée, depuis le Siècle des Lumières, d’être définitivement l’architecte de sa propre vie, « c’est le grand acte de volonté, la volonté qui déplace les montagnes, l’ivresse de la grande volonté qui veut se faire art. Les hommes les plus puissants ont toujours inspiré les architectes. L’architecte a toujours été la suggestion du pouvoir. L’édifice doit rendre visibles la fierté, la victoire sur la pesanteur, la volonté de puissance . » L’édifice ainsi construit par chacun d’entre nous par technologies interposées suggère désormais ce pouvoir, la capacité non seulement à surmonter l’adversité, mais aussi la capacité à transcender le corps.

Le corps remodelable

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Dans ce numéro, le sociologue Olivier Bernard présente deux jeunes femmes qui, par leurs pratiques singulières, parviennent à remodeler leurs corps. L’une, par le truchement de la chirurgie esthétique, et l’autre, par la pratique d’un art martial, sont la démonstration éclatante que le corps d’aujourd’hui est non seulement devenu l’ultime identification à soi, mais aussi outil de scuplture de soi.

La consommation n’est pas qu’une affaire d’argent, mais aussi une question d’interaction symbolique. Qu’il s’agisse d’images, d’objets ou de mots, ce qui est partagé ou consommé est invariablement chargé de sens. Les multiples significations que peut revêtir le sens des choses qui nous entourent influencent la compréhension que les gens ont du monde pour ensuite rendre possible une nouvelle interprétation de ce dernier. La complexité de cette dynamique consumériste est le propre de toutes les cultures qui, à notre époque, se déroule dans un contexte d’hypermédiatisation, de capitalisation et de spectacularisation.

Certes, cette dynamique est complexe, autant pour sa compréhension théorique que pour les acteurs sociaux qui sont impliqués dans les rouages de cette consommation culturelle. Afin de donner à cette réalité sociale un soupçon de limpidité, cet essai propose de suivre le parcours deux jeunes femmes qui se sont profondément investie dans le fonctionnement de ces rouages, c’est-à-dire dans l’univers des industries de la culture du corps.

Art contemporain, enjeux et compréhension

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Ce que nous proposons au lecteur avec ce numéro, c’est bien de voir comment il est possible de considérer l’image comme une structure qui agence des repères visuels en interaction pour ainsi former des parcours visuels qui délimiteront un territoire visuel. Et en ce sens, les contributions de Lara Docquier et de Louis Lemonon ouvrent et explorent de nouvelles voies en matière de sociologie visuelle.

Dans un contexte où l’image est de plus en plus présente, où tous peuvent, munis d’un téléphone intelligent, produire des images, où les médias sociaux utilisent abondamment l’image, la sociologie est de plus en plus encline à mobiliser également des images, soit comme objet d’étude, soit comme outil de recherche, soit comme médium de communication et d’échanges scientifiques autour de résultats. Des chiffres et des lettres, mais aussi des images, fixes ou animées, voilà les matériaux avec lesquels les sociologues rendent compte, aussi, du monde social.

Ce qu’il y a d’intéressant et de pertinent dans la démarche de Lara Docquier, c’est qu’elle arrive non pas seulement à montrer, mais surtout à démontrer que le musée est un territoire visuel pensé et travaillé, au sein duquel des parcours visuels sont proposés par les organisateurs de l’exposition, où le chemin des visiteurs y est plus ou moins déterminé dans le but d’infléchir le sens de leur visite.

D’autre part, Louis Lemonon nous amène sur une tout autre piste, celle des dessins de Franz Kafka. Même si, de prime abord, il serait difficile de penser que la notion de repère visuel puisse s’appliquer aux dessins de Kafka, force est de constater que Lemonon arrive à dégager de nouvelles pistes d’analyse encore toutes fraîches, d’où l’idée de les présenter au lecteur. Par exemple, la figurine de gauche, qui fait partie du corpus des six figurines noires, est une représentation de Kafka lui-même, rongé par l’ennui et le poids des cadres structurels. L’image ici captée semble projeter le spectateur dans une per-ception visuelle des émotions de Kafka.

Le corps idéal, une quête sans fin

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Pour le sociologue Pierre Fraser et le philosophe Georges Vignaux, il importe d’explorer l’inscription sociale du corps à travers les époques pour mieux en comprendre ses attitudes, ses comportements, ses gestes, ses postures et les interventions à déployer sur celui-ci pour le régulariser et le normaliser.

Le corps est le lieu de toutes les rencontres. Le corps est porteur d’identités sociales. Le corps est aussi une fascinante entreprise de normalisation et de transformation. Le moindre symptôme et le moindre signe incongru du corps peuvent être porteurs d’un signe de défaillance avérée ou non. Tout se situe dans le potentiel d’une quelconque défaillance qu’il faudrait parvenir à maîtriser en aval en déployant une batterie d’interventions et de moyens. Le corps est devenu la clé de voûte d’interventions de toutes sortes — politique, sociale, médicale, culturelle, économique — liées à la médecine, l’invalidité, le travail, la consommation, l’âge et l’éthique. Le corps est désormais un terrain contesté où sont menées des luttes pour s’en arroger le contrôle.