nutrition

L’adulte perpétuellement jeune

Publié le Mis à jour le

Une image forte de notre époque actuelle, l’adulte perpétuellement jeune. Comme le souligne Thomas, « L’idéal que poursuit l’homme depuis toujours est de reculer indéfiniment les frontières de la mort, de vivre le plus longtemps possible, en ajoutant non seulement des années à la vie, mais encore de la vie aux années : le héros n’est pas le vieillard cacochyme ou impotent, mais l’adulte perpétuellement jeune1. »

Pratiquer un sport jeune et dynamique, même à 40 ou 50 ans, c’est affirmer sa jeunesse

[En lien avec ce sujet : Le corps liquide, le corps sans fin]

De ces discours sur le corps il est possible de voir la construction rationnelle qui se cache à l’intérieur. Une construction qui peut se comprendre comme l’idéal d’un programme sur mesure, de l’attitude à adopter face à son corps. Le discours sur le corps devient, pour ainsi dire unanime, du moment où il est porté par la majorité comme moyen de réalisation de soi et d’accéder à la reconnaissance d’autrui. Une reconnaissance qui ne s’acquiert qu’au moment où l’individu croit, consciemment ou inconsciemment, que c’est ce que les autres attendent de lui. « En analysant comment est construite la rationalité sur l’expérience corporelle, on cherche […] à comprendre la façon de construire des récits sur le corps, comme un projet social de coopération réciproque2. »

Le corps en santé est un corps jamais complété, toujours dans le devenir, d’où la nécessité de l’entretenir

Demeurer performant, dans nos sociétés, se traduit concrètement par l’exclusion des personnes devenues inutiles. Les personnes considérées improductives, qui ne sont plus de bons soldats du capital, n’ont plus leur place en société. Les personnes âgées ne sont-elles pas mises au rencard dans des lieux isolés ? Les déficients mentaux, les handicapés, les inadaptés sociaux et les soldats victimes de traumatisme ne sont-ils pas à la solde de programmes qui les maintiennent dans des conditions où leur rôle principal est de gêner le moins possible les rouages du marché ? Ces personnes sont en partie victimes de la rupture qu’ils montrent avec l’apparence de l’individu performant. Bien entendu, il y a des exceptions — des personnes en fauteuil roulant peuvent afficher une image de « gagnant » —, mais ce n’est pas le cas pour la majorité d’entre eux.

Ne jamais être mis au rancart de la société, toujours performer, éviter le déclassement social

Dans l’ensemble, chacun s’affaire à présenter une image de soi performante en endossant l’attitude et l’apparence de ce qui est considéré comme jeune et dynamique. Afin de retarder le moment où chacun de nous deviendra inévitablement moins productif, nos sociétés travaillent à développer des technologies qui peuvent garder les individus dans la course à la performance de plus en plus longtemps. En ce sens, nos sociétés ont développé des moyens pour transcender le corps : « C’est-à-dire que sa condition mortelle peut être contournée, que la maladie et le vieillissement ne seraient pas inéluctables3. »

Il existe par exemple des techniques en tout genre pour la transformation de l’apparence, parce que l’important c’est d’avoir une apparence jeune. Ironiquement, quelqu’un a le droit d’être bien dans sa peau, pour autant que cette personne s’affaire à se garder en forme, à perdre du poids, à s’habiller à la dernière mode et à chercher indubitablement l’approbation des autres à propos de sa manière d’être !

Références
1 Thomas, L. V. (1984), Fantasmes au quotidien, Paris : Éditions Librairie des Méridiens, p. 220.
2 Andrieu, B. (2006), « Quelle épistémologie du corps ? », Corps, no 1, p. 13-21, p. 14.
3 Fraser, P. (2014), Corps idéal, corps de rêve ; parcours d’un corps socialement acceptable, Paris : Éditions V/F, p. 185.

© Olivier Bernard (Ph. D.), sociologue, 2018


L’alimentation, des bonheurs aux frayeurs

Publié le Mis à jour le

Manger demeure autant essentiel (on mange pour « prendre des forces ») que ludique (on se donne du plaisir). Pierre Fraser a analysé admirablement ce parcours séculaire entre la nourriture et les représentations du corps au travers des images de la grosseur ou de la minceur. Et des statuts sociaux conséquents. Plus que jamais, la question demeure lancinante à en juger le nombre de magazines, d’ouvrages, d’émissions télévisées consacrées à la « bonne » et à la « mauvaise bouffe », aux régimes santé ou minceur, aux recettes exotiques ou de « grand-mère », aux nuisances alimentaires et aux produits industriels supposés nocifs.

[En lien avec ce sujet : Le corps liquide, le corps sans fin]

Mais qu’en est-il de l’opinion commune ? Les uns demeurent empreints de la tradition et de ses plats typiques (couscous, tourte, cassoulet, blanquette de veau), les autres s’abandonnent à la restauration rapide (chips, pizza, plats surgelés, sandwiches). Une forte minorité rassemble les adeptes du « bio » autour de produits à base de quinoa, d’épeautre et autres céréales ressuscitées. Nos changements de vie au travail ou dans les loisirs y font beaucoup. Le faible temps accordé aux repas de midi favorise la restauration « sur le pouce » tandis que les cantines ou restaurants d’entreprise maintiennent la tradition de « l’entrée-plat-dessert ». Chacun bricole comme il le peut et selon ses savoirs et ses croyances. Ainsi de nouveaux engouements se développent, de nouvelles peurs surgissent. Car l’industrie de l’aliment sait jouer de nos craintes et même les susciter.

Les peurs nouvelles
De même que la découverte du « microbe » (Pasteur, 1878) créa des peurs nouvelles, on s’évertue aujourd’hui à traquer ces germes qui constituent autant de risques alimentaires qu’il faut mesurer faute de pouvoir les éliminer. Basées sur des avis de comités internationaux spécialisés en toxicologie alimentaire, la méthode de définition du risque alimentaire fixe pour toute substance une dose journalière acceptable (DJA). Un autre indicateur s’applique aux pesticides (mais également à d’autres polluants comme les mycotoxines), c’est la limite maximale de résidus (LMR). La LMR est la concentration maximale d’un polluant (résidus de pesticides le plus souvent).

Les nouveaux polluants
Les pesticides d’abord, qui sont les résidus des produits phytosanitaires. Il existe des normes internationales qui définissent les teneurs maximales et mettent l’accent sur certaines catégories de pesticides, que l’on peut retrouver dans les aliments végétaux. Les nitrates ensuite, peu toxiques, mais le problème réside dans leur capacité à se transformer en nitrites qui sont plus dangereux. Les plus grands dangers toxicologiques sont la formation de composés cancérigènes. Les additifs sont aussi tous ces produits ajoutés à un aliment pour valoriser un aspect particulier : son temps de conservation, sa présentation, etc. L’évaluation toxicologique de ces produits est systématique.

D’autres soupçons inévitables concernent les Organismes génétiquement modifiés (OGM). La communauté scientifique n’a pas de position tranchée sur le sujet. En août 1998, un scientifique écossais, Arpard Pusztai, affirmait ainsi que l’administration de pommes de terre transgéniques à des rats entraînait une atrophie de certains organes. La crainte est celle de la dissémination du pollen de ces plantes transgéniques.

[En lien avec ce sujet : Découvertes médicales, les heureux hasards]

En face, les pro-OGM estiment que ces organismes transgéniques nécessitant moins de pesticides auraient plutôt des effets favorables pour l’environnement. Interdits de production en France, ces produits ont cependant envahi le marché. Greenpeace propose sous la forme d’une liste noire et d’une liste blanche les produits susceptibles de contenir des OGM et les produits pour lesquels le fabricant garantit l’absence d’OGM.

Ainsi l’alimentation est toujours à l’horizon du risque, monde de bonheurs pour certains, d’angoisses pour d’autres.

Concrètement, plus le temps s’écoule, plus l’aventure du corps se dessine sur un fond d’incertitudes croissantes rapprochant de plus en plus l’individu d’un certain horizon de la peur quasi mesurable.

© Georges Vignaux, philosophe (INRS), 2018


Manger et boire tout son soûl est un acte socialement subversif auquel il faut succomber

Publié le Mis à jour le

Dans notre société où la contenance de soi et la gouvernance de soi régissent nos comportements et attitudes en matière d’alimentation et d’activité physique, où toute prise de poids est forcément suspecte, où la calorie se cache insidieusement dans le moindre aliment, où le seul fait de ne pas être actif et de ne pas porter des vêtements de jogging ou de cycliste signale le laisser aller, quoi de plus normal que de voir la police de la nutrition se pointer au moment des vacances d’été ou de Noël sur toutes les tribunes médiatiques pour nous rappeler qu’il n’est pas bon, qu’il est même malsain pour notre survie, d’éprouver du plaisir avec quelques petits gâteries somme toute inoffensives : cuisine de rue, bière, vin, brioches, crème glacée, BBQ, tartes, croustilles, frites, hamburgers, hot-dog, ou je ne sais quoi d’autre.

[En lien avec ce sujet : Le corps liquide, le corps sans fin]

En moins de temps qu’il ne faut pour le dire, les nutritionnistes débarquent sur les émissions du matin pour nous rappeler à quel point notre vie est à risque par le seul fait de notre alimentation, surtout pendant les vacances, cette période où nous serions collectivement portés à mettre de côté notre cerveau au profit de notre estomac.

Comme le souligne la nutritionniste Hélène Baribeau : « Il serait irréaliste de vous suggérer de ne pas manger de croustilles ou de crème glacée en vacances. Mais, pour en profiter avec modération, achetez de préférence les petits formats de croustilles et de barres glacées que l’on retrouve en épicerie. Par exemple, l’excellente barre Häagen-Dazs aux amandes contient 310 calories en format régulier contre 190 pour le petit format. On retrouve aussi des miniportions de croustilles à 100 calories par sac. Je vous propose donc ces petits formats plutôt qu’un non catégorique à ces douceurs, car ce qui cause la frustration, à la longue, ce n’est pas tant la grosseur des portions que l’interdiction draconienne. »

[En lien avec ce sujet : Le corps obèse et sa stigmatisation]

La modération, la sacro-sainte modération, le maître mot du gouvernement de soi dont parlait Michel Foucault, est à mettre en application dans le moindre de nos gestes. Mais justement, être en vacances ne rime pas avec modération, alors que la pression sociale pour arriver à un corps performant, actif, réactif et agile s’exerce pendant toute l’année. Pourquoi s’en tenir à une mini portion de croustilles, alors que le format party ou familial vaut à peine 2.00 $/€ de plus ? Pourquoi ne pas satisfaire son envie d’une bonne crème glacée avec le format géant ? Parce que c’est mal ? Parce que c’est socialement inacceptable ?

D’aucuns rétorqueront qu’il faut porter une attention toute particulière à ce que nous ingurgitons pour vivre longtemps en santé, tant sur le plan physique qu’intellectuel. D’aucuns utiliseront l’argument que de mauvais comportements alimentaires nous conduiront à la crise cardiaque, à l’obésité, au mauvais cholestérol et à une kyrielle de problèmes métaboliques tous plus inquiétants les uns que les autres. D’aucuns diront que tous ces excès personnels entraînent des problèmes de santé publique pour lesquels tous sont obligés de payer. Mais il faut aussi relativiser les choses, car les comportements alimentaires pendant les vacances ne sont pas forcément représentatifs de ceux qui prévalent pendant tout le reste de l’année.

[En lien avec ce sujet : Le corps liquide, le corps sans fin]

Lorsqu’un nutritionniste dit que ce qui cause la frustration, à la longue, ce n’est pas tant la grosseur des portions que l’interdiction draconienne, il faut aussi prendre en considération que la modération répétée, jour après jour, c’est aussi un peu comme le supplice chinois de la goutte : ça finit par rendre fou. Ce discours n’est plus seulement une question de modération, mais aussi une question de normalisation sociale tous azimuts du comportement alimentaire. Mais justement, le moût de pomme, la bière et le vin sans alcool, c’est de la suppression sensorielle, comme s’il était possible de jouir d’une bière ou d’un vin castré. Lorsque les nutritionnistes disent de s’en tenir à une consommation par jour pour les femmes et à deux pour les hommes, c’est la normalisation sociale des comportements et des attitudes qui passe par la prescription.

Pendant les vacances d’été ou de Noël, manger et boire tout son soûl est un acte socialement subversif auquel il faut succomber, ne serait-ce que pour éprouver du plaisir et faire un pied de nez à tous ceux qui nous imposent la norme alimentaire, car c’est dans la subversion que se trouve le véritable plaisir.

Examinez attentivement la photo ci-dessous, un sandwich santé dans le cadre d’une activité santé, le jogging. Le visuel du discours de la santé suggère et prescrit à la fois, dicte des façons de s’alimenter.

© Pierre Fraser (Ph. D.), sociologue et sociocinéaste / texte et photo, 2017


Le Big Mac devenu icône de santé et d’écologie

Publié le Mis à jour le

Conduites, jugements, opinions, attitudes et croyances relativement au Big Mac sont en partie dictés par les repères visuels imprimés sur la boîte du Big Mac et sur le sac dans lequel il est servi lorsque le consommateur le prend au comptoir des commandes.

La boîte qui vient avec un Big Mac est intéressante à plus d’un égard. La fiche nutritionnelle, imprimée à l’arrière de la boîte (non directement visible à une première inspection visuelle, exige qu’elle soit retournée et soulevée pour bien la lire) commence tout d’abord par souligner les normes édictées par Santé Canada.

[En lien avec ce sujet : Le corps obèse et sa stigmatisation]

Un Big Mac, à lui seul, fournit 27 % de l’apport calorique quotidien recommandé, 43 % de l’apport en sodium, et plus de 45 % de l’apport en matières grasses, l’ennemi juré numéro un (traquer la moindre trace de lipide étant devenu l’activité principale de tout nutritionniste. Théoriquement, il reste donc peu de place pour d’autres consommations d’importance au cours de la journée, normativement parlant.

Mais, ce que la fiche nutritionnelle montre surtout, c’est comment la médecine, la science, les médias et le public en général influencent les pratiques alimentaires en condamnant ou en recommandant tel ou tel aliment plutôt qu’un autre : les jugements moraux sur le sucre comme les préjugés sur la graisse sont le fait des scientifiques autant sinon davantage que celui des profanes et ils ne s’expliquent que par des tendances sociales préexistantes : médecins et savants sont eux-mêmes travaillés par les mouvements profonds de la civilisation et de la société.

Un repère visuel signale et permet non seulement de guider nos déplacements et d’orienter nos actions, mais aussi de normaliser nos comportements, nos conduites, nos jugements, nos attitudes, nos opinions, nos croyances. Cette normalisation, véhiculée par les repères visuels, consiste à différencier ce qu’il convient ou non de faire en fonction de leur désirabilité du point de vue du groupe qui génère la norme.

Ce qui revient à dire qu’il n’y aurait pas d’habitudes alimentaires, « mais des systèmes culinaires, des structures culturelles de goût, des pratiques sociales chargées de sens. Ces patterns sont intériorisés par les individus, au moins en grande partie. Et en ce sens, tous les aliments allégés en gras ou en sodium, tous les aliments améliorés de nutraceutiques, tous les aliments bios et non manufacturés industriellement disponibles dans les supermarchés renvoient à des patterns alimentaires connus des individus, parce que promus par une kyrielle d’intervenants de la santé, autant scientifiques que profanes.

Sur le rabat extérieur gauche de la boîte du Big Mac, une représentation iconographique soignée en mesure de contrebalancer les données fournies par la fiche nutritionnelle de Santé Canada (institution d’autorité) met en évidence un oignon, une spatule qui fait office de bœuf avec insistance toute particulière sur le fait qu’il s’agit de bœuf à 100 %, plusieurs tranches de fromages, alors qu’il n’y a que 2 tranches de fromage dans un Big Mac, et une laitue iceberg tranchée.

Tout comme la fiche nutritionnelle, cette représentation iconographique travaille sur les mêmes signes que ceux de Santé Canada (des produits sains pour la santé : légumes et produit laitier) et les sublime en retravaillant la fiche nutritionnelle. Le Big Mac ne serait pas, au bout du compte, cet aliment si néfaste pour la santé et retravaille ainsi, temporairement, le temps du repas, nos jugements, nos attitudes, nos opinions, et nos croyances face à cet aliment.

Ce travail, activé par ces repères visuels, consiste à différencier ce qu’il convient ou non de faire en fonction de leur désirabilité du point de vue du groupe qui génère la norme. Un autre travail de signification sociale est effectué sur le côté droit du rabat de la boîte du Big Mac, celui de l’authenticité, à savoir, celui d’un aliment non industriel pourtant fabriqué à la chaîne, qui renvoie à des images d’une autre époque : le sac de farine, la salière en bois, le pot de verre comme il y en avait au début du XXe siècle. Deux autres éléments iconographiques s’ajoutent qui, avec le concombre, informe le consommateur que le Big Mac contient un légume santé, et le cadenas entourant le pot de verre signale que la sauce relève du secret industriel.

Sur les côtés de la boîte, tout juste sous le rabat, il y a un petit bonhomme filiforme qui jette un objet à la poubelle, rappel de l’idée de développement durable et de comportement responsable. En fait, la présence de cette seule représentation iconographique suggère qu’une chaîne de restauration rapide comme McDonald s’inscrit non seulement dans la mouvance de l’écologisme, mais qu’elle a changé ses pratiques et méthodes afin de devenir plus éthique et responsable vis-à-vis du consommateur et de l’environnement. D’ailleurs, le nom de l’entreprise, McDonald’s, est imprimé en vert sur le sac qui contient la boîte du Big Mac.

Finalement, le dessus de la boîte est révélateur. Ici aucun message à portée sociale, mais bien du marketing à l’état pur, mais repère visuel tout de même visant à poser une action, manger un Big Mac. Lorsque la société McDonald’s pose une question au consommateur afin que celui-ci puisse évaluer ce qui l’a attiré à consommer le produit, car il l’a déjà entre les mains, il lui faut décider entre la qualité des produits qui le composent ou la prestance du produit (présentation générale).

Lorsque la prestance idéale et commerciale du produit devrait être comme la photo de gauche,  et qu’elle se décline telle que représentée dans la photo ci-dessous, force est de conclure que la réponse à la question se trouve dans la saveur des aliments qui composent le Big Mac.

Au total, nos conduites, nos jugements, nos attitudes, nos opinions et nos croyances relativement au Big Mac sont en partie dictés par les repères visuels imprimés sur la boîte du Big Mac et sur le sac dans lequel il est servi lorsque le consommateur le prend au comptoir des commandes. Consommer un Big Mac est avant tout un acte social, car l’alimentation comporte presque toujours un enjeu moral. Le choix des aliments et le comportement du mangeur sont inévitablement soumis à des normes sociales, et donc sanctionnées par des jugements.

[En lien avec ce sujet : Le corps obèse et sa stigmatisation]

Le jugement moral collectif étant au départ négativement connoté en ce qui concerne le Big Mac, consommer un Big Mac est presqu’un acte de dissidence (jugement sur le produit consommer), mais la nature même des repères visuels imprimés sur la boîte viennent en partie atténuer cette dissidence ou atténuer le jugement moral du consommateur qui consomme un Big Mac.

© Pierre Fraser (Ph. D.), sociologue / texte et photo, 2017