La censure
Il y a des livres et des pièces de théâtre qui n’ont pas seulement dérangé… ils ont carrément secoué tout un système. Prenez Nègres blancs d’Amérique, de Pierre Vallières : à sa parution, l’ouvrage est saisi, retiré du public. Une censure radicale, brutale, comme si on avait voulu effacer d’un seul coup la voix de son auteur. Quelques années plus tard, un autre choc : Les Fées ont soif, de Denise Boucher. Cette pièce devient le centre d’une tempête médiatique et sociale. Elle est attaquée de toutes parts : par la justice, par le clergé, et par des institutions qui y voyaient une menace pour l’ordre moral. Et pourtant… ironie du sort, ces œuvres que l’on voulait réduire au silence sont aujourd’hui considérées comme majeures. Comme le rappelle Pierre Hébert, leur censure n’a pas étouffé leur message, elle l’a au contraire amplifié. Elle a déclenché des débats passionnés sur la liberté d’expression, sur le pouvoir des mots, et sur le rôle de la culture dans une société en pleine transformation.
Cet entretien, réalisé par Pierre Fraser et dirigé par Bernard Andrès, dans le cadre du projet Voyage en Littérature Québécoise, aborde la question dérangeante de la censure qui avait cours dans les années 1970 au Québec.
