LA QUÊTE DU CORPS IDÉAL
Extrait tiré de la thèse de doctorat de Pierre Fraser.
Le corps est le lieu de toutes les rencontres. Porteur d’identités sociales, il est devenu une fascinante entreprise de normalisation et de transformation. De ce simple constat, nous nous posons une question : « Comment le corps est-il devenu, au fil du temps, un objet de préservation, de réparation, d’augmentation et de transformation ? ». Pour tenter de réponde à cette question, une hypothèse : « Trois grands courants, à la Renaissance, ont construit le corps socialement acceptable d’aujourd’hui : il y a tout d’abord l’idée qu’il est possible, avec le peintre Alberti, d’aspirer à un corps de justes proportions comme idéal de beauté, avec le médecin Vésale, de réparer le corps, de le soigner efficacement, de le guérir et lui redonner vitalité, et avec l’éducateur Mercurialis, de fabriquer un corps et de le façonner en quelque sorte selon sa volonté ; ces trois courants ont ceci de particulier qu’ils traverseront toutes les époques depuis la Renaissance jusqu’à aujourd’hui, et qu’ils structureront une certaine représentation sociale du corps qui fait de ce dernier l’ultime identification à soi-même. »
